Stats Monkey : la mort du journalisme de base

Il fallait s’y attendre, alors que cela fait longtemps que les ouvriers sont remplacés petit à petit par les machines, les journalistes vont maintenant avoir de quoi flipper eux aussi.

Stats Monkey, c’est un programme développé par l’IIL (pour Intellligent Information Laboratory) qui permet en quelques secondes de produire un texte similaire à ceux de l’Associated Press (agence qui fournit les informations aux journalistes). Actuellement, le programme n’est utilisable que pour des comptes-rendus de matchs de baseball et à l’avenir, il va s’étendre au football et au basketball.

Il rédige l’article automatiquement, sans fautes.

Pour fonctionner, vous indiquez à Stats Monkey quel match couvrir, il télécharge ensuite les tableaux chiffrés publiés par les sites des ligues de baseball, il collecte les données (score minute par minute, actions individuelles, stratégies collectives, incidents, etc.) et il classe toutes ces informations de manière à reconstruire le déroulé du match en langage informatique. Il utilise ensuite une bibliothèque de vocabulaire et expressions typiques de ce type de compte-rendu et il rédige l’article sans fautes de grammaires et d’orthographe bien sûr…

Quel rêve pour un patron de journal qui cherche à tout prix un journaliste rapide, peu cher et efficace…

Une solution effrayante mais utile

Assez flippant hein ? Les fondateurs du programme expliquent que ce genre d’articles est en général peu intéressant à rédiger pour les journalistes et que le but de leur programme est d’être revendu à de petits journaux locaux ou d’universités qui n’ont pas forcément le temps de rédiger tous ces articles quotidiennement. Le but est d’aider ces journaux à produire du contenu, du fait que les articles sportifs sont en général très appréciés par la population.

Les capacités du programme s’arrêtent donc à des articles qui tournent souvent autour des mêmes expressions, après le sport, le monde de la bourse pourrait être visé par les créateurs. A terme, l’objectif est de carrément arriver à imiter le style et l’écriture de certains journalistes. On peut alors se demander si la mort du journalisme a débutée…  Kristian Hammond (un des créateurs du programme) tente de rassurer : « Notre but est juste de fournir aux journalistes des outils qui les débarrasseront des tâches les plus répétitives et les moins intéressantes. Ils dégageront ainsi du temps pour accomplir leurs missions nobles : reportages de terrain, investigations, analyses… »

Coup dur pour certains, gain de temps pour d’autres. Dans tous les cas, la réponse de M. Hammond est légitime. Stats Monkey ne pourra jamais faire du terrain, du photo-reportage, de l’investigation et des analyses très poussées… Mais une nouvelle fois, combien de personnes pourraient se retrouver remplacées par un robot ?

Source : Le Monde et le site officiel du IIL

Découvert dans : Usbek & Rica 1

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